Empress of Ireland

De Scubapedia.

Description

Empress of Ireland - Bibliothèque et Archives Canada / PA-116389

Tout plongeur averti du Québec a déjà entendu parler de cette épave mystérieuse et magique. Elle exige une aisance physique et une maîtrise appropriée de la technique. Cette plongée, lorsqu'elle est bien planifiée, est une expérience à laquelle on développe rapidement une dépendance.

Soumise à une marée de 5 mètres, la profondeur de cette épave sera d'environ 26 à 45 mètres. On y retrouve la faune typique de la région: crapauds de mer, oursins, patates de mer, stichée arctique, morue, sébaste et méduse.

D'une longueur totale de 168 mètres, d'une largeur de 20 mètres et d'une hauteur de 12 mètres répartie sur 4 ponts, l'épave offre un grand défi technique et des possibilités presque infinies d'exploration. Un niveau de plongée technique est essentiel pour avoir un temps de fond raisonnable dans cet environnement hostile.

Historique

Le Storstad après la collision

Le vendredi 29 mai 1914, vers 1h 55 du matin, alors qu'il quitte le Québec et se dirige vers Liverpool en Grande-Bretagne, l' Empress of Ireland est abordé accidentellement sur son côté tribord par le Storstad, un charbonnier norvégien, au large de Pointe-au-Père, près de Rimouski. Parce qu'il a engagé la marche arrière avant l'abordage et que l'Empress of Ireland avance toujours, le Storstad n'arrive pas à rester dans la brèche et l'eau s'engouffre rapidement dans le paquebot. Le navire coule en seulement 14 minutes.

La rapidité de ce naufrage, l'impossibilité d'utiliser la majorité des embarcations de sauvetage (le bateau se couche sur son côté tribord, donc aucun canot de sauvetage de bâbord ne peut être utilisé), et la température de l'eau du Saint-Laurent (0 à 4°C tout au long de l'année), font que seulement 465 des 1477 personnes (dont 248 membres d'équipage) à bord survivront. Sur les 1012 morts, soit 68.5% des gens à bord, il y a 840 passagers. Seuls 4 enfants ont survécu. Bien qu'en proportion ce naufrage ait fait moins de victimes que celui du Titanic (1513 morts sur 2208 passagers) ou du Lusitania (1198 morts sur 1257 passagers), il sera rapidement oublié, éclipsé par le déclenchement, en 1914, de la Première Guerre mondiale.

Le 16 juin 1914, une enquête fut instituée à Québec et c'est le commandant du Storstad qui fut reconnu responsable de la collision. Cependant, une enquête menée par les Norvégiens libéra le Storstad de toute responsabilité, blâmant plutôt le capitaine Kendall, de l'Empress of Ireland, pour violation des règles de navigation en ne croisant pas l'autre navire bâbord/bâbord. La Canadian Pacific Railway gagna un procès de 2 000 000 $ contre A. F. Klaveness, le propriétaire du Storstad. Incapable de payer, celui-ci fut forcé de vendre le navire pour 175 000 $.

Une récente enquête semble indiquer que le capitaine du Storstad fut induit en erreur par une manoeuvre de l'Empress of Ireland juste avant que celui-ci ne disparaisse dans la brume. Il a, alors, changé de cap pour éviter la collision mais l'Empress of Ireland a, par la suite, repris son cap original, se plaçant ainsi sur le trajet du Storstad.

Pendant presque cinquante ans, seuls les sébastes et les morues s'en préoccupent. Puis en 1964, un groupe de plongeur aidé d'un richard de la région se met en quête de la retrouver. Avec les moyens de l'époque ce n'est pas une tâche facile.

Après que l'équipe de scaphandriers ait quitté les lieux en 1914, aucun plongeur n'y est retourné avant 1964. L'Empress of Ireland, à cause de la première guerre mondiale qui éclata un peu plus d'un mois après le naufrage, fut oublié rapidement. Une bouée a marqué le lieu du naufrage pendant quelques années, ses chaloupes en acier ont rouillé longtemps à la Pointe-au-Père, mais ce n'est que 50 ans après le naufrage qu'un petit groupe de plongeurs de Gatineau et Montréal, intéressés par un article du journal Le Soleil relatant la tragédie, a redécouvert l'épave. Avec la technologie moderne, le navire est devenu accessible aux plongeurs expérimentés et ceci ouvra la portes aux chercheurs de trésors.

Le 15 avril 1999, le ministère de la Culture et des Communications classe l’épave en tant que bien historique et archéologique, confirmant ainsi sa grande valeur symbolique et commémorative de la plus grande tragédie maritime de l’histoire du Canada. Le classement protège l’épave en interdisant toute intervention ou prélèvement sur le navire.

Le temps continue de faire son œuvre et l’immense épave de l’Empress of Ireland se détériore de manière inexorable. Cependant, l’histoire du paquebot, surtout sa fin tragique, fascinera encore longtemps l’imaginaire collectif. De nombreux plongeurs continueront d’explorer ce qui est maintenant considéré comme un lieu de sépulture pour environ 600 des 1 012 victimes de cette tragédie

Trajet

  • À partir de Montréal: 559 km
    • Suivre l’autoroute Jean-Lesage (autoroute 20) en direction de Québec.
  • À partir de Québec: 328 km
    • Suivre l’autoroute Jean-Lesage (autoroute 20) et suivre les directions pour Rimouski.
    • Continuer jusqu'à Ste-Luce sur mer.
    • Le quai de départ dépend alors du charter qui vous emmènera vers le site.

Localisation

Coordonnée GPS:

  • Bouée 1: N48° 37.300' W68° 24.400'
  • Bouée 2: N48° 37.443' W68° 24.275'
Chargement de la carte...

Voir la carte dans Google Maps

La plongée

Malgré sa stature imposante, retrouver l'épave à 4,5 miles nautiques (~7 km) au large de Ste-Luce peut représenter un défi. Même si plusieurs bouées marquent le site, ces points de repères sont dérisoires face à l'immensité de la mer. Pour espérer le retrouver il faut d'abord prendre des renseignements bien récents concernant le marquage du site. Même avec le bon cap (335° à partir de la plage de Ste-Luce), les courants sont très variables et il est plus sage de faire la première plongée avec un guide. Munis d'une carte maritime, de jumelles, d'un GPS, prenez soin de noter quelques points de repères. Méfiez-vous du brouillard et des vagues. Surtout ne laissez pas votre embarcation sans surveillance, vous risqueriez de trouver le chemin très long jusqu'au rivage, si vous y parvenez...

Après avoir solidement amarré votre embarcation, vous remarquerez la force du courant. Il peut être de 2 à 3 nœuds et variera en fonction des phases lunaires, de l’heure et des saisons. Plonger en se fiant aux périodes d’étale des marées rendra l’expérience plus sure et plus agréable.

Étant donné le temps et l'effort qu'il faut investir pour plonger sur cette épave, la plupart des visiteurs utilisent des cylindres jumeaux pour faire un ou deux plongées avec décompression, pour maximiser leur temps de plongée. Il est aussi possible d'utiliser le traditionnel cylindre simple (d'au minimum 100 picu) munit d'une valve H, avec un plan de plongée très conservateur. Avec une profondeur moyenne de 33 mètres, les 12 minutes de séjour que permettent les tables pour une plongée sans décompression s'écoulent à une vitesse incroyable. Il faut également être muni d'un "stage" ou "pony" d'un minimum de 30 pieds cube, dry suit, lampe primaire et secondaires, reels et parachute (lift bag).

En amorçant votre descente sur l'épave à marée basse, il est possible de toucher le tiers arrière du navire à 23 mètres. Là, avec son pont de teck, l'épave se dévoile plus ou moins pudiquement selon la visibilité qui varie de 3 à 12 mètres.

Plonger sur l'Empress, c'est plonger dans le passé. Gîtant de 65° sur tribord (sa droite), elle livre ses secrets usés par le temps. Les ponts, les cabines, les salons et les cuisines, tout est là! Le plongeur imprudent qui se laisse séduire par ses cales risque d'y rester. Le fil d'Ariane est indispensable à la pénétration de la déesse du St-Laurent. La grande dame prend de l'âge et risque d'être de moins en moins prévisible, sa structure montre de nombreux signes de fatigue.

Photos

Avertissements

Des courants forts, l'obscurité, la possibilité d'enchevêtrement, le froid, la narcose et la visibilité réduite sont tous des facteurs à considérer dans la planification de cette plongée.

Notes

Les chercheurs de trésors étaient comblés ici. Le Canadien Pacifique ayant renoncé à ses droits sur l'épave, il était possible d'en remonter des parcelles. Il fallait cependant enregistrer tout artéfact recouvré auprès du Receveur des épaves. Aujourd’hui, l’épave est protégée et il est illégal de remonter quelque artéfact que ce soit à la surface.

Même si de nombreuses pièces font parties de collections privées, les morceaux de choix se retrouvent au musée de la mer à Pointe-aux-Pères. Il est très fortement conseillé de le visiter avant de plonger pour la première fois.

Numéros utiles

Urgence médicale de plongée: 1-888-835-7121

Services de plongée à proximité

Boutique Adresse Téléphone Services
Centre de plongée du Bas St-Laurent 292, St-Germain est, Rimouski (418) 722-6232 air, nitrox, location, charter

Description des épaves de la région

Expertise Maritime Diveteck 73 Du Fleuve Ouest, Ste-Luce-sur-Mer 418-732-9251 Formation, Charter, Location, Inspection hydrostatique,

Inspection visuelle, Air, Nitrox, Trimix

Marina de Rimouski 1, rue de la Marina, Rimouski (418) 723-0202 marina


Liens externes

Météo prévue sur ce site de plongée

Tables des marées

Musée de la mer à Pointe-aux-Pères

Témoignage d'un rescapé de l'Empress of Ireland

Magnifique reportage photo de Robert La Salle sur l'Empress of Ireland

L'Empress of Irland sur wikipedia

Un article intéressant du National Post sur l'Empress (en anglais) - shémas, statistique de décès, etc.

Bibliographie

Marc Bélair et Luc Bégin, Le Québec sous-marin - Guide des sites de plongée du Québec et ses environs.


L'information contenue sur ce site s'adresse aux plongeurs certifiés et est délivrée à titre indicative. Aucune documentation ne remplace une formation délivrée par un moniteur accrédité.